Sculpter une cuillère en bois
#1 - Choisir la matière : bûche, rondin ou planche

cuillère en bois sculptée dans une planche
Avant même de prendre un couteau en main, la sculpture d’une cuillère commence par un choix déterminant : celui de la matière. Bûche, rondin de branche ou planche offrent chacun des possibilités, des contraintes et des sensations différentes. Comprendre ces différences permet d’orienter sa pratique, d’éviter certaines difficultés inutiles et d’entrer plus sereinement dans le geste.

1. La bûche : volume et liberté

Avantages

Travailler à partir d’une bûche permet de disposer d’un volume important. Ce type de matière offre une grande liberté de formes : manches courbes, cuillerons profonds, proportions généreuses. La bûche permet aussi de mieux lire la structure de l’arbre, ses cernes de croissance et l’orientation du fil.

Limites

En contrepartie, elle nécessite souvent un travail préparatoire plus conséquent : refente à la hache ou à la scie, dégrossissage, élimination de zones fendues ou noueuses. Cette étape engage davantage le corps et demande une attention particulière à la sécurité. Pour celles et ceux qui souhaitent comprendre le bois dans son épaisseur et sa logique structurelle, la bûche constitue cependant un excellent point de départ.

Cuillère sculptée et cernes de croissance du bois

2. La planche : confort et simplicité

Avantages

La planche est souvent choisie pour sa simplicité apparente. La surface plane facilite le dessin du profil de la cuillère et la découpe des contours. Elle permet de visualiser rapidement la forme finale et de progresser avec méthode.

Limites

Cependant, l’épaisseur limitée d’une planche restreint la profondeur du cuilleron et la liberté de courbure du manche. La planche impose également une lecture du fil parfois moins évidente, surtout si elle provient d’un débit industriel. Elle constitue néanmoins une option confortable pour débuter ou pour travailler des formes simples et fonctionnelles.

3. Le rondin de branche : formes naturelles

Avantages

Le rondin issu d’une branche présente un compromis intéressant. Facile à récupérer, souvent déjà calibré par la croissance de l’arbre, il offre des courbures naturelles que l’on peut intégrer directement à la forme de la cuillère.

Limites

Travailler dans un rondin permet de suivre le fil du bois de manière continue, du manche au cuilleron, ce qui confère une grande solidité à l’objet final. En revanche, le cœur de la branche et les tensions internes peuvent favoriser l’apparition de fentes si certaines précautions ne sont pas prises.

sculpture d'une cuillère dans le fil du bois

Conseils pratiques

Quel que soit le choix de départ, il est essentiel d’observer attentivement le fil du bois avant de commencer. Une cuillère sculptée dans le sens des fibres sera plus résistante, plus durable et plus agréable à utiliser.