
Les bois tendres comme le tilleul, le saule ou le peuplier sont particulièrement adaptés aux débutants. Leur fibre régulière permet une coupe fluide et un apprentissage progressif.
Les bois mi-durs tels que le bouleau ou le noisetier offrent un excellent compromis entre facilité de sculpture et durabilité. Ils conviennent bien aux cuillères à usage courant.
Les bois durs comme le hêtre, l’érable, le chêne ou le pommier demandent davantage d’effort, mais produisent des objets robustes et durables lorsqu’ils sont bien travaillés.
Les bois légers (densité 0.4 à 0.5)
Les bois mi-lourds (densité 0.5 à 0.7)
Les bois lourds (densité 0.7 à 1)
Certaines essences peuvent provoquer des réactions allergiques ou présenter une toxicité potentielle, notamment lors du ponçage. Les résineux, très chargés en résine, sont souvent difficiles à sculpter proprement et peu adaptés à un usage alimentaire.
Des bois comme l’if ou le laurier-rose doivent être évités en raison de composés toxiques. D’une manière générale, il est recommandé de se renseigner sur chaque essence avant de l’utiliser.
La question de l’hygiène alimentaire est centrale lorsqu’on sculpte des cuillères destinées à un usage quotidien. Contrairement à certaines idées reçues, le bois n’est pas un matériau intrinsèquement insalubre. De nombreuses études ont montré que certaines essences de bois possèdent des propriétés naturellement antibactériennes, liées à leur structure fibreuse et à la présence de composés extractibles.
Le bois agit comme un matériau hygroscopique : il absorbe l’humidité présente à sa surface. Lorsqu’une bactérie est déposée sur une cuillère en bois propre et sèche, elle est rapidement privée de l’eau nécessaire à sa survie. À l’inverse, sur des surfaces plastiques non poreuses, l’humidité reste en surface, favorisant la persistance et parfois la multiplication des micro-organismes.
Des recherches comparatives menées sur des planches à découper ont montré que les bactéries survivent généralement moins longtemps sur le bois que sur le plastique, à condition que l’objet soit correctement nettoyé et séché. Ces résultats, bien connus dans le domaine de l’hygiène alimentaire, peuvent être transposés aux cuillères en bois.
Cela ne signifie pas que toutes les essences soient équivalentes. Certaines essences contiennent des composés potentiellement toxiques ou irritants. Le bois dit « toxique » ne pose pas uniquement un problème lors de l’ingestion : il peut aussi libérer des substances allergènes lors du ponçage ou au contact prolongé avec des aliments chauds et humides. C’est pourquoi il est essentiel de se renseigner précisément sur chaque essence avant de l’utiliser.
Pour un usage alimentaire, on privilégiera des bois non résineux, à grain fin ou moyen, traditionnellement utilisés pour les ustensiles : hêtre, érable, bouleau, poirier, pommier, olivier, ou encore tilleul. Ces bois offrent un bon équilibre entre neutralité gustative, résistance mécanique et facilité d’entretien.
Sur le site www.floretox.fr, actuellement inaccessible, se trouvait il y a quelques années la liste complète des arbres et arbustes toxiques. Ces espèces ne sont pas forcément toxiques au niveau du bois, ce peut être les feuilles, les fruits, etc. Une petite recherche sur le web m’avait alors permis d’établir une première liste (incomplète) d’essences à risques pour la sculpture (bois allergènes pour certaines personnes) et l’usage d’ustensiles de cuisine (toxicité transmissible aux aliments). Personnellement, et à ce jour, avec près d’une centaine d’essences sculptées, je n’ai jamais souffert de dermatites ou autres bobos.
L’hygiène passe également par les finitions. Une cuillère soigneusement poncée limite les zones de rétention d’humidité. L’application régulière d’une huile adaptée au contact alimentaire (huile de lin polymérisée, huile de noix siccative, ou huiles spécifiquement formulées pour le bois alimentaire) protège la surface sans créer de film étanche artificiel.
Enfin, l’entretien quotidien joue un rôle clé. Une cuillère en bois doit être lavée à l’eau tiède, sans trempage prolongé, puis séchée à l’air libre. Bien entretenue, elle peut durer des années, voire des décennies, tout en restant parfaitement compatible avec un usage alimentaire.
Le ponçage du bois génère des poussières fines potentiellement nocives. Le port d’un masque adapté et une bonne ventilation de l’espace de travail sont vivement recommandés.
Quel que soit le bois, l’inhalation des poussières de bois lors du ponçage est particulièrement nocive (cancérigène) et il est impératif de porter un masque FFP2 anti-poussières lors de cette phase du travail du bois. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site http://www.cancer-environnement.fr/333-Poussieres-de-bois.ce.aspx
J’utilise un demi-masque respiratoire anti-poussières de marque 3M : ces masques, qui ne coûtent que quelques dizaines d’euros, sont recommandés par les tourneurs, la filtration est plus efficace et leur coque ergonomique épouse mieux le visage et est donc plus étanche à la poussière.
L’attention portée à la santé fait partie intégrante d’une pratique durable.
