Le figuier des pagodes le plus célèbre au monde se trouve en Inde à Bodh Gaya, dans l’enceinte du Mahabodhi Temple, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Selon la tradition bouddhiste, c’est sous un figuier de l’espèce Ficus religiosa que Siddhārtha Gautama aurait atteint l’éveil.
L’arbre visible aujourd’hui est considéré comme un descendant de cet arbre originel, issu d’une longue succession de replantations et de protections.
Ce figuier est un centre de pèlerinage mondial, un point de convergence spirituelle où l’arbre, le temple et la pratique méditative forment un ensemble indissociable.
Au Sri Lanka, à Anuradhapura, se dresse le Jaya Sri Maha Bodhi, souvent présenté comme le plus ancien arbre planté par l’homme avec une date connue.
Selon les chroniques anciennes, il aurait été planté au IIIᵉ siècle av. J.-C. à partir d’un rameau issu de l’arbre de Bodh Gaya. Depuis lors, il fait l’objet d’une protection ininterrompue.
Ce figuier illustre la notion de lignée végétale sacrée, la transmission d’un arbre comme on transmet un reliquaire.
Au Cambodge, les figuiers des pagodes sont omniprésents dans les paysages religieux. Ils sont souvent désignés par le terme khmer Poŭthĕ, dérivé de Bodhi. Ces arbres peuvent devenir des lieux de prière directe, sans intermédiaire institutionnel.
Dans certains cas, des fidèles viennent adresser des demandes au figuier lui-même, déposant offrandes, encens ou inscriptions symboliques. Le figuier devient alors un acteur rituel, perçu comme une entité habitée et protectrice.
Ces pratiques montrent que le figuier remarquable n’est pas nécessairement ancien de plusieurs siècles :
il devient remarquable par la relation vivante que les humains entretiennent avec lui.
Au Vietnam, au sud-est d’Hanoï, dans l’enceinte de la Trấn Quốc Pagoda, se trouve un figuier des pagodes issu d’un don diplomatique réalisé à la fin des années 1950. Il est présenté comme un descendant de l’arbre de Bodh Gaya.
Ce type de plantation illustre le fait que le figuier des pagodes circule encore aujourd’hui comme vecteur symbolique, reliant États, traditions religieuses et mémoires partagées. Plus récemment, de jeunes figuiers issus de lignées sri-lankaises ont été plantés dans de grands complexes bouddhistes vietnamiens, perpétuant cette tradition de transmission végétale consciente.
En Thaïlande, dans la province de Prachin Buri, se trouve le Ton Pho Si Maha Pho, souvent présenté comme le plus grand et l’un des plus anciens figuiers des pagodes du pays.
Protégé au sein d’un temple, cet arbre impressionne par son ampleur, l’étendue de sa couronne, la place centrale qu’il occupe dans la vie religieuse locale.
Il incarne une figure du Bodhi monumental, où l’arbre devient presque une architecture vivante, abritant pratiques rituelles et rassemblements communautaires.
Au-delà des grands arbres fondateurs et des figuiers des pagodes les plus célèbres, la tradition bouddhiste et les sources historiques mentionnent plusieurs autres figuiers associés à des lieux précis, des épisodes spirituels ou des transmissions symboliques. Ces arbres ne sont pas toujours spectaculaires par leur taille ou leur âge, mais ils sont remarquables par leur fonction mémorielle et rituelle.
Parmi eux figurent notamment :
Buddhanet – The Bodhi Tree – https://www.buddhanet.net/e-learning/buddhism/bodhi_tree.htm